A propos de "PASSAGES, PLACES IMAGINAIRES et GRAND ESPACES" (les crayons de couleur)

L'artiste délaisse la peinture pour pactiser comme dans un conte russe avec les crayons de couleur
Fréderic Amar Kodja

Tout ici parle un langage austère. Au dela d'une figuration des objets et des paysages, c'est l'esprit du lieu que de plus en plus il s'était attaché à saisir. Le regard s'aiguise et se concentre...Une porte s'entre ouvre sur le clair obscur d'un corridor, le créneau d'une fenêtre révèle un fragment de décor, un nuage, la pose d'un arbre; des rideaux noués, immobiles, jettent un brusque éclat. Lieux de passage, lieux de vie qu'un sortilège a dépeuplé et comme suspendus.
Dans cette architecture sans âge, entre l'ombre et la lumière, une question nous est posée, que nous devons avec lenteur, avec patience approfondir.
Jean Joubert

Comme si les images offertes étaient sorties de la mémoire de l'artiste, épurées, pour que le spectateur y pénètre, mais insondable tant elle dégage une atmosphère feutrée, le charme mystérieux d'une image presque trop simple.
L. C., "le journal de Toulouse", 7 juillet 89

Au delà de décors volontairement banals Segura propose des images immobiles qui n'en sont pas, des passages où justement il peut se passer quelque chose, "Le Désert des Tartares " de Buzzati n'est pas loin des traversées vécues, des interrogations entre ombres et lumières.
Henri Beulay, "la Dépêche de Toulouse", sept 89

...Ségura traite le papier en mâle et femelle le labourant du soc des traits, le mouillant de caresses soyeuses. Ainsi il donne naissance à cette peau subtile, carnation allégée qui n'est ni pastel, ni aquarelle, ni litho mais un rayonnement rose ou safran qui tend de plus en plus vers le "presque rien", l'éblouissement de la mer du japon qu'il voit chaque jour vers Sète... Frontière entre les empires de l'air et de l'eau, ces coups de rasoir que le monde nous impose le fascine, mais son œil de lointain y cherche moins la blessure qu'une amoureuse cicatrice.
Xavier Dejean, conservateur des musées de France, 1987

Une tension. Une puissance silencieuse. Le monde vient au regard dépouillé, sobre, d'une ascèse inquiétante . L'espace se donne dans une netteté hallucinée des plans ... Faire de sa main surgir dans un geste cette attente pleine d'absence. Cette présence du vide, désigne ce vide -là . En suspens, entre oubli et mémoire, apparition et disparition. Envoûtement d'un temps immobile où le silence nous met dans la proximité du lointain, allant de seuil en seuil, attirés, à l'articulation du visible et de l'invisible. Mélange d'inquiétude inexprimable et de calme au-delà .
Liliane Le Fustier, 1987

Parti de cette place de Ménerbes , dans le Vaucluse, où il est allé en souvenir de Nicolas De Staël Segura développe une série où l'on rencontre autant un imaginaire étrange et même parfois douloureux, qu'une écoute quasi sentimentale du paysage.
Lise Ott, 1992