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"il était une fois"(les huiles de jeunesse à l'île de la Réunion)

"Peinture dans une fusion intelligente d'expressionnisme et de fauvisme où l'on sent combien a été appréhendé la violence de l'île de la Réunion dans son relief et dans sa végétation .... rapprochements raffinés des extrêmes  violets et jaunes, constructions généreusement ensoleillées... créent un univers de poésie très personnel "          
Témoignage 2 juillet 1970

.. Les paysages tropicaux restituent l'exubérance végétale exotique; la palette enrichie de gammes nouvelles à nos yeux y atteint une intensité colorée digne des grands fauves "
Claude Huc, 19 mai 1970


Il lui aura peut être fallu connaître "les infinis bercements" de notre ciel tropical pour donner à son talent l'occasion d'un épanouissement que seul le caractère poignant des terres australes peut donner à qui sait chanter quand le soleil brûle .  
G. André Decotter, "le Mauricien", 20 mai 1972

La maîtrise technique, la perfection formelle frappent chez ce peintre qui a l'air de s'en aller ainsi dans la vie, d'émerveillements en émerveillements, de découvertes en découvertes, sans se soucier des modes, des chapelles et des écoles .                                                               
Pierre Renaud, "l'Express", mai 1972


A propos de "PASSAGES, PLACES IMAGINAIRES et GRAND ESPACES" les crayons de couleur

L'artiste délaisse la peinture pour pactiser comme dans un conte russe avec les crayons de couleur Fréderic Amar Kodja

Tout ici parle un langage austère. Au dela d'une figuration des objets et des paysages, c'est l'esprit du lieu que de plus en plus il s'était attaché à saisir. Le regard s'aiguise et se concentre...Une porte s'entre ouvre sur le clair obscur d'un corridor, le créneau d'une fenêtre révèle un fragment de décor, un nuage, la pose d'un arbre; des rideaux noués, immobiles, jettent un brusque éclat. Lieux de passage, lieux de vie qu'un sortilège a dépeuplé et comme suspendus.
Dans cette architecture sans âge, entre l'ombre et la lumière, une question nous est posée, que nous devons avec lenteur, avec patience approfondir.
Jean Joubert

Comme si les images offertes étaient sorties de la mémoire de l'artiste, épurées, pour que le spectateur y pénètre, mais insondable tant elle dégage une atmosphère feutrée, le charme mystérieux d'une image presque trop simple.
L. C., "le journal de Toulouse", 7 juillet 89

Au delà de décors volontairement banals Segura propose des images immobiles qui n'en sont pas, des passages où justement il peut se passer quelque chose, "Le Désert des Tartares " de Buzzati n'est pas loin des traversées vécues, des interrogations entre ombres et lumières.
Henri Beulay, "la Dépêche de Toulouse", sept 89

...Ségura traite le papier en mâle et femelle le labourant du soc des traits, le mouillant de caresses soyeuses. Ainsi il donne naissance à cette peau subtile, carnation allégée qui n'est ni pastel, ni aquarelle, ni litho mais un rayonnement rose ou safran qui tend de plus en plus vers le "presque rien", l'éblouissement de la mer du japon qu'il voit chaque jour vers Sète... Frontière entre les empires de l'air et de l'eau, ces coups de rasoir que le monde nous impose le fascine, mais son œil de lointain y cherche moins la blessure qu'une amoureuse cicatrice.
Xavier Dejean, conservateur des musées de France, 1987

Une tension. Une puissance silencieuse. Le monde vient au regard dépouillé, sobre, d'une ascèse inquiétante . L'espace se donne dans une netteté hallucinée des plans ... Faire de sa main surgir dans un geste cette attente pleine d'absence. Cette présence du vide, désigne ce vide -là . En suspens, entre oubli et mémoire, apparition et disparition. Envoûtement d'un temps immobile où le silence nous met dans la proximité du lointain, allant de seuil en seuil, attirés, à l'articulation du visible et de l'invisible. Mélange d'inquiétude inexprimable et de calme au-delà .
L. Le Fustier, 1987

Parti de cette place de Ménerbes , dans le Vaucluse, où il est allé en souvenir de Nicolas De Staël Segura développe une série où l'on rencontre autant un imaginaire étrange et même parfois douloureux, qu'une écoute quasi sentimentale du paysage.
Lise Ott, 1992

A propos des "RENDEZ-VOUS"

Des tableaux de Raphaël Segura, je dirais qu'ils me paraissent d'une "sereine étrangeté". Le recours aux crayons de couleur nous renvoie immanquablement au vocabulaire de l'enfance et c'est sans doute un peu de ce regard candide et perpétuellement sur le qui-vive qui sonne juste dans l'approche du paysage tel que le conçoit le peintre. Le tableau devient métaphore de la rencontre possible entre le peintre et l'amateur d'art. Sa peinture témoigne de surcroît de préocupations métaphysiques qu'accentue l'économie des moyens. La figure humaine brille par son absence mais l'attente semble la seule au rendez-vous. C'est que la mort rode pour qui sait bien observer. C'est pourquoi on pourrait tout aussi bien parler à son égard " d'inquiétante sérénité".
Bernard Teulon-Nouailles, " Tendances", sept. 96

A propos des POUPÉES

Un regard ambigü où sourdent la tendresse et la nostalgie de l'enfance. Troublant...chacun sur les pas de ces baigneurs interroge son enfance à sa manière.  Les gestes ébauchés se lisent, tendresse aussi bien que violence...                      
Marie-Christine  Harant, Midi Libre

Homme à la tête vide et femme au sexe nié, ils sont mariés "pour la façade" en un couple de pure convention... Est-ce la poupée qui pleure l'enfant parti, ou nous qui - considérant la poupée- pleurons notre enfance disparue? Ces poupées nous jettent dans le trouble. Dans des formats invariablement carrés ( est-ce la quadrature du cercle conjugal) l'artiste varie les positions corporelles et les arrangements formels de ce duo de dociles marionnettes entièrement assujettis aux exigences du peintre manipulateur... Inutile de le nier, l'union pathétique de ce baigneur et de cette poupée nous dérange passablement . Car ces tableaux nous sont comme un miroir. Nous y entrevoyons que notre relation aux autres ne vaut guère mieux que ce qu'en montre ce couple de poupons guindés et de guingois.
Jean Louis ROUX

Et  DEMAIN ?
L
'éternité, Raphaël Ségura ? Elle est en nous. Elle est autour de nous. Elle nous garde de tout mal, toi et moi, hommes de peu de foi et de frêle espérance, aiguisant le désir. De l'autre côté de tes portes, au delà de tes seuils, de tes places, de tes collines, de tes forêts, s'ouvre le même vide où chacun est attendu par les morts tout autant que par les vivants. Et cela pour la même joie amère et tonique, toujours menacée et toujours reconquise. L'enfance y est plus loin que le paradis des commencements mais c'est bonheur car le néant s'y fait promesse d'un absolu d'amour : dieu ou femme, dieu fait femme, femme devenue dieu…
Il n'y a pas de beauté sans un fond de tristesse. Tes poupées elles-mêmes me confirment que ce n'est que de famine qu'on se nourrit, que de ses soifs qu'on s'abreuve. Dis-le, n'arrête pas de nous le dire dans l'exigence et l'inquiétude, la force du trait, la luxuriance ou l'économie des couleurs. Reste lumière.
Yves Rouquette

A propos de CHEMIN FAISANT Ségura s'explique

Depuis quelques années, chemin faisant, de la Provence à la Corse, du Maroc à Venise, à droite à gauche sur un petit carnet, carré de 23 cm en papier "Ingres" j'ébauche paysages marines quelques silhouettes qui ne méritent même pas le titre de dessin. J'en choisis parfois et je tente, non pas de retrouver, mais de m'inventer une sensation comme un temps retrouvé à la pointe du crayon et du pinceau.