Un regard ambigü où sourdent la tendresse et la nostalgie de l'enfance. Troublant...chacun sur les pas de ces baigneurs interroge son enfance à sa manière.  Les gestes ébauchés se lisent, tendresse aussi bien que violence...                      
Marie-Christine  Harant, Midi Libre

Homme à la tête vide et femme au sexe nié, ils sont mariés "pour la façade" en un couple de pure convention... Est-ce la poupée qui pleure l'enfant parti, ou nous qui - considérant la poupée- pleurons notre enfance disparue? Ces poupées nous jettent dans le trouble. Dans des formats invariablement carrés ( est-ce la quadrature du cercle conjugal) l'artiste varie les positions corporelles et les arrangements formels de ce duo de dociles marionnettes entièrement assujettis aux exigences du peintre manipulateur... Inutile de le nier, l'union pathétique de ce baigneur et de cette poupée nous dérange passablement . Car ces tableaux nous sont comme un miroir. Nous y entrevoyons que notre relation aux autres ne vaut guère mieux que ce qu'en montre ce couple de poupons guindés et de guingois.
Jean Louis ROUX


Et  DEMAIN ?
L'éternité, Raphaël Ségura ? Elle est en nous. Elle est autour de nous. Elle nous garde de tout mal, toi et moi, hommes de peu de foi et de frêle espérance, aiguisant le désir. De l'autre côté de tes portes, au delà de tes seuils, de tes places, de tes collines, de tes forêts, s'ouvre le même vide où chacun est attendu par les morts tout autant que par les vivants. Et cela pour la même joie amère et tonique, toujours menacée et toujours reconquise. L'enfance y est plus loin que le paradis des commencements mais c'est bonheur car le néant s'y fait promesse d'un absolu d'amour : dieu ou femme, dieu fait femme, femme devenue dieu…
Il n'y a pas de beauté sans un fond de tristesse. Tes poupées elles-mêmes me confirment que ce n'est que de famine qu'on se nourrit, que de ses soifs qu'on s'abreuve. Dis-le, n'arrête pas de nous le dire dans l'exigence et l'inquiétude, la force du trait, la luxuriance ou l'économie des couleurs. Reste lumière.
Yves Rouquette